TEMOIGNAGES DE CEUX QUI L'ONT CONNU
De soeur
Yolande Meurant
"... D?s le premier abord, bien
s?r, mais surtout quand on a pu vivre dans son rayonnement, on ?tait ?merveill?
de voir ? quel point il ?tait d?vou? aux autres, et surtout ? ses chers enfants
handicap?s pour qui il avait une vraie tendresse, je dirais presque une tendresse
"maternelle". D?vouement allant jusqu'? l'oubli de soi. Il ne pouvait voir
une mis?re sans vouloir ? tout prix la secourir. Que de fois je l'ai entendu
dire lorsqu'il apprenait un cas malheureux : "Qu'allons-nous faire ? Il faut
absolument que nous fassions quelque chose. Vraiment, je ne fais pas assez".
Et malgr? l'oeuvre merveilleuse qu'il a r?alis?e au prix de combien de fatigues,
du don total de soi, il ne s'en attribuait aucun m?rite. L'effacement, l'humilit?,
l'esprit de service ?taient vraiment ses caract?ristiques. L'?uvre de Gatagara ?
mais c'?tait l'oeuvre du Seigneur, pas la sienne. Et, de fait, il avait une
confiance illimit?e en la Providence, confiance que du reste il ne cessait
de pr?cher. Confiance sur le plan spirituel; confiance sur le plan mat?riel
aussi... Il fallait de nouveaux b?timents... Il voit ? Kigali un pr?fabriqu?,
exactement ce qui convenait pour un atelier. La caisse ?tait vide ou ? peu
pr?s. Qu'? cela ne tienne : la Providence est l?... et notre Padri conclut
le march?. La date est fix?e ? laquelle le payement doit se faire. Le temps
passe. On arrive ? deux jours de l'?ch?ance : la caisse est toujours vide...
Mais voil? que la veille, il re?oit un ch?que du montant exact de la somme
? payer, ? un franc pr?s... Bien s?r, il avait de nombreux soucis d'ordre
financier, mais ceux-ci n'?taient pas ceux qui le pr?occupaient le plus, mais
bien celui d'un esprit ? garder ? Gatagara, l'esprit ?vang?lique, le service
des plus humbles, des plus d?sh?rit?s, la disponibilit?, l'accueil. Cet accueil
qui le caract?risait vraiment... Cette bont? qui le caract?risait, il voulait
qu'elle soit aussi la marque de Gatagara. La principale consigne donn?e aux
?ducateurs et ? tous ceux qui s'occupaient de nos enfants ?tait de leur t?moigner
de la bont?. Il disait : "Les enfants doivent se sentir aim?s".
(La
soeur Yolande, dont nous rapportons ici le t?moignage et qui fut longtemps
sa secr?taire, entre autres..., accompagna l'abb? durant son long s?jour en
clinique ? Waremme. Elle nous parle de l'abb? durant ces longs mois d'hospitalisation).
soeur
Yolande Meurant (photo ? venir)
Notre Padri est rest? un
peu plus d'un an ? la clinique Notre-Dame ? Waremme. Il ?tait au lit, ne pouvant
absolument rien faire par lui-m?me. Les deux derniers mois, il ?tait m?me
incapable de remuer si peu que ce soit bras et jambes. L'Eucharistie a? t?
c?l?b?re plusieurs fois dans sa chambre. L'une ou l'autre fois, au moment
de la cons?cration, il a pu faire le geste, presqu'imperceptible, de la conc?lbration.
Le dimanche, quand on ouvrait le poste pour? couter la messe radiodiffus?e,
tr?s souvent, il pleurait au moment de la cons?cration. La plupart du temps,
il ne se rendait pas compte qu'il ?tait en Europe : il se croyait ? Gatagara.
Se figurant que tel ou tel handicap? venait d'arriver, il me demandait d'aller
m'informer s'il avait? t? bien accueilli, si on lui avait donn? un bon endroit
pour dormir, s'il n'?tait pas trop fatigu.?.. Quand on lui donnait un repas,
tr?s souvent avant de commencer, il demandait : "Oui, mais est-ce qu'il y
en a assez pour les autres ? " ou " Est-ce que les enfants ont ? t? servis ? " A
la messe de fun?railles ? Waremme, on est venu de partout : de Paris (3 voitures),
de Rome, de Vend?e, d'Alsace, et bien s?r, d'un peu partout en Belgique. L'abb?
Boniface Kanyoni, successeur de notre Padri, avait pu arriver ? temps. Il
y avait plusieurs P?res des Foyers de Charit?. Quarante-cinq pr?tres ont conc??lbr?
et il y en avait encore au moins une dizaine dans l'assembl?e... Entre autres
personnalit?s, l'Ambassadeur du Rwanda ? Bruxelles, Monsieur Leburton, Bourgmestre
de Waremme. Il y avait ?galement plusieurs Rwandais et beaucoup d'anciens
qui avaient travail?l ? Gatagara.